Le Mondial vu de Grèce…

GregoC’est depuis un petit Eden plein de tridents au bord de la mer Égée que j’ai vécu la semaine écoulée. Dans ce village de Grèce illuminée, la majorité de mes congénères étaient belges et fiers de l’être. Sous un chapiteau (ni ionique, ni corinthien, plutôt InterDéco), plusieurs centaines de touristes en mal de signes démentiels étaient rassemblés en ce lundi 30 juin, pour suivre France-Nigeria. Les supporteurs Français ne maîtrisaient hélas pas les débats. On entendait bien sûr quelques Allez les Bleus ! par instants, mais la grande partie des commentaires et autres cris émanait bien des Belges, très très anti-Français. Allons donc ! Où l’Europe filait-elle ? J’en appelais à mes souvenirs d’histoire de Terminale sur la décolonisation. Non, les Belges n’avaient pas envahi le Nigeria, laissant ce territoire aux Portugais et aux Anglais. Mes voisins étaient bien anti-Français par jalousie, sans doute. A 2-0, ils ont gagné le bar, le restaurant et la piste de danse, nous laissant enfin savourer ce gentil match sauvé du néant par le coup de boule de P.P., plus habitué à expédier des « pogboums » du droit que du front. Bravo.

Le lendemain, retour dans notre amphithéâtre de pacotille (Epidaure peut dormir tranquille…) pour assister sur un écran presque géant à une affiche qui d’ordinaire eût paru peu sexy : Belgique-Etats-Unis. Mais bon, c’est le Mondial, ça vaut le coup ! Les amateurs Belges sont au taquet. Plus nombreux que jamais à avoir quitté leurs activités nautiques, prandiales, pancoliennes et autres. De leur plat pays, ils ont voyagé avec maillots, écharpes et cornes de brume. Il y a de l’ambiance, une fois. Les Yankees se battent, comme d’hab’. Les autres tremblent. Un sentiment pro-Am’ gagne le lieu. Mais on se tient. 2-1, score logique. Pour un peu, on penserait que les Belges ont gagné la coupe du Monde.

Les 4 et 5 juillet, l’Allemagne, puis l’Argentine renvoient Belges et Français dos-à-dos, éliminés tour à tour sur le score fleuve de 1-0. Cet équité maintient l’ambiance à Gregolimano entre nos deux pays frontaliers. Mais une question demeure : que vont chercher nos compatriotes exilés à Uccle ou Ixelles ? Et qu’est-ce qui attire les artistes wallons chez nous ? Le foot serait-il une approche déformante des sociétés et des hommes ? La Grèce en tout cas est, elle, bien terre philosophe.

@hugues1966

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